Grèce, souvenirs et vacances à venir : feuilletés courgette menthe feta, kourabiedes, et la tarte qui n’a rien à voir

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Ça y est, ça, c’est fait : les 17 années d’études intensives sont bouclées, depuis le CP et ses “on ne dit pas” « ça caille », car « il n’y a que le lait qui caille, les enfants », de Mademoiselle Lelong – cette drôle de petite femme qui m’a appris à faire les scoubidous, jusqu’au “on ne dit pas” « les vieux friqués partis glander en Provence », mais : « une core target de seniors CSP +++, inscrits sur Ulteem, en possession d’un huge pied à terre dans le Luberon, donc potentiellement stratosphériquement bankable, à appréhender dans toute la post-modernité ambiante et l’air vicié de notre société morose et anxiogène ».

Bref, page tournée. Snif. J’aurais bien émis l’idée hypothétiquement déductible de mon mérite à une poignée de jours de vacances avant le fameux stage de fin d’études, mais non : demain, au taquet, je vais expertiser l’innovation. A vrai dire, j’ai plutôt hâte de voir ça. Oh les beaux jours, ce sera pour plus tard, peut-être à Pâques. Mais pas les Pâques en chocolat, en poules et en lapins : Pâques là-bas.


Flash info spécial : “LES SCENARISTES POURRAIENT RETROUVER LEURS BUREAUX DèS DEMAIN MATIN”

Avez-vous déjà posé le pied en Grèce ? Non ? Quoi, vous qui êtes allés aux Maldives, à New York, à Limoges et dans le Pas de Calais, qui connaissez Ürümqi comme votre poche et le Kamchatka comme votre nombril, vous ignorez vos origines, les maths, la démocratie, la rhétorique et l’huile d’olive ? Souvlaki, gyros, spanakopita, ça vous dit rien ? Les dix heures sur un ferry des années 20 pour découvrir Amorgos, ça vous dit rien ? Les montées et descentes des rues d’Athènes pleines de grecques de 2m10 dont 12 cm de talon et 13 de mini jupe, pas d’image ?

Laisser moi faire les présentations : Grèce, lecteur ; lecteur, Grèce.

La Grèce, c’est tout simplement le pays où on ne se pose pas la question de ce qu’on fait : on ne fait rien. On ne fait rien sur les plages des îles, on ne fait rien dans les champs d’olivier du Péloponnèse, on ne fait rien sous les bougainvilliers, on ne fait rien aux terrasses des cafés, on ne fait rien cheveux aux vents et sans casque. Ou si peu : respirer, manger, boire, sortir, bouger un orteil, parfaire le bronzage, sous le soleil, au coucher du soleil, sous la lune – ou sous la neige mais là vraiment il faut avoir de la famille à Tripoli. On me signale également moults lieux passionnants pour les amateurs de vieux tas de pierres.

Evidemment, la Grèce, c’est les vacances et la famille, depuis 22 ans. Et toujours cette honte de ne maîtriser que les mots et insultes de base – merci cousin Iannis. ça n’est pas Nikos, ni Mykonos, ni Salakis au bon lait de brebis.

La Grèce, c’est tous les jours, sur le même palier, à dire « non merci c’est bon j’ai mangé ; non vraiment, pas de fricassée de chou à l’ail pour moi aujourd’hui », à être explosée de rire aux histoires de ma grand-mère dont je ne comprends pas un mot, à faire bien attention à ne pas être à côté d’elle aux repas de famille (fâcheuse tendance à taper violemment dans le dos de ses voisins de table lors des anecdotes susmentionnées) - ma grand-mère qui a tout de même tout mon respect pour réussir à faire pousser des pommes de terre rue du Temple, à ne plus tenter de calmer les batailles de haricots verts à Noël, à observer la mine déconfite de mes grands parents lorsque je leur annonce que, non, je ne vais pas me marier avec un grec dans les deux mois à venir, à ne plus chercher à comprendre le pourquoi du comment de cette famille grecque.

Mais c’est aussi Athènes 2004, stage. Je découvre que non seulement les athéniens ne travaillent pas, boivent des cafés frappés ponctués de souvlakis de 6h à 18h – après on passe au ouzo (non c’est pas du pastis local, c’est du ouzo) – en terrasse, mais pas que les athéniens : les fonctionnaires expatriés non plus.

Qui répond au téléphone de l’ambassade, mystère. Le seul questionnement existentiel pouvant émerger est de savoir si on va parvenir à attraper le ferry du vendredi pour le week end/vacances express.
On se demande pas ce qu’on va manger, on sait qu’on va tout prendre, de la melitzanosalata (caviar d’aubergine) aux dolmades (feuilles de vigne farcies), aux keftedes (the boulettes), en passant par le skordalia (sauce à l’ail, à l’ail et à l’ail, rien à foutre), on effleure juste la question de savoir si la feta psiti (papillote de feta au four) va être juste à point ou non.

Je ne me demande pas ce que je vais avoir au petit déjeuner, je sais que mon papou m’aura préparé tous les matins pendant quatre mois un œuf à la coque, un jus d’orange frais, des tartines de brioche au miel et à l’huile d’olive, de quoi tenir jusqu’au déjeuner, à 15 heures.

Alors là tout de suite maintenant, je veux juste réserver mes billets pour Pâques, arriver dans la maison au milieu de nulle part, et sentir les agneaux rôtir. Quelques semaines de métro à attendre, et en attendant, mis à part les aléas téléphoniques de notre cher Nicolas et les tremblements irrépressibles dus au sevrage de séries télé, des feuilletés aux courgettes, feta et mentheje dirais, approximativement, kolokithia pita, et des kourabiedes, des petits sablés aux amandes qu’on mange habituellement à Noël. Et puis, la tarte poire amande pralin, qui n’a rien à voir, mais qui était quand même vraiment pas mal.

***
Feuilletés aux courgettes, feta et menthe

1 paquet de feuilles filo (à la limite, feuilles de brick)
400g de courgette
300 g de feta
½ bouquet de menthe fraîche
1 ou 2 gousses d’ail écrasées, selon
Huile d’olive
sel, poivre

Laver let sécher es courgettes, et les râper dans un saladier (essayer de les vider un peu de leur eau if possible). Ajouter la feta écrasée à la fourchette, la menthe ciselée, l’ail, sel, poivre, un peu d’huile. Prêt.
Préchauffer le four à 180°.
Couper les feuilles filo en 2. Superposer 2 ou 3 demi-feuilles, verser une grosse cuillère de farce et fermer en triangle, comme pour les bricks. Badigeonner d’un peu d’huile et recommencer.
Faire cuire environ ¼ d’heure, jusqu’à ce que la pâte soit bien dorée et croustillante.


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Kourabiedes - Κουραμπιέδες
petits sablés aux amandes

Pour une quarantaine de gâteaux:
200 g de beurre pommade (mou)
450 g de farine
150 g de sucre en poudre
250 g de sucre glace
125 g d’amandes entières, avec la peau
3 cs de fleur d’oranger
1 pincée de vanille en poudre
1 cs d’ouzo
2 oeufs
sel

Faire blanchir le beurre et le sucre. Ajouter le ouzo, la vanille, les oeufs et une pincée de sel.
Verser la farine petit à petit en mélangeant, puis les amandes.
Couvrir et laissez reposer 30 minutes.
Préchauffer le four à 170°.
Former un long rouleau avec la pâte et la découper en tronçon de 5 cm, puis leur donner une forme de croissant.
Déposer une plaque + papier sulfurisé et cuire 15/20 minutes jusqu’à ce qu’ils soient légèrement dorés, puis arroser les kourabiédes d’eau fleur d’oranger.
Saupoudrer allègrement les gâteaux de sucre glace.

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La tarte qui n’a rien à voir, poire amande pralin

Pâte sucrée inspired by Mr Ducasse
125 g de beurre pommade
250 g de farine
1 œuf
40g de sucre glace
30 g de poudre d’amande

Tamiser la farine. Mélanger le beurre avec le sucre et la poudre d’amande. Ajouter l’œuf et bien mélanger. Ajouter la farine tamisée en plusieurs fois, bien mélanger et former une belle boule. Envelopper dans du film et placer au frais 12 h si on est bonne élève, beaucoup moins si on décide de faire ça en fin d’après midi pour le soir même.
Préchauffer le four à 160°. Etaler la pâte. Foncer un moule à tarte beurré ou papier sulfurisé. Laisser reposer 10 minutes au frais. Couvrir de papier alu/sulfurisé, remplir de pois chiches et faire cuire une vingtaine de minutes. Retirer les pois chiches, laisser refroidir un peu et verser la garniture que vous aurez pris soin de faire pendant ce temps.

Garniture :
100 g de beurre pommade
150 g de sucre
150 de poudre d’amande
1 pincée de vanille en poudre
2 œufs
4 poires bien mûres
50g de pralin

Blanchir le beurre et le sucre, ajouter la poudre d’amande, 40 grammes de pralin, la vanille, ajouter les œufs et bien mélanger.
Couper les poires en lamelles fines mais pas trop.
Verser la crème et disposer d’une harmonie divine les poires. Saupoudrer du reste de pralin.
Enfourner 20 minutes à 170°.

Si vous avez la foi, faîtes un sirop léger (250g d’eau, 150 g de sucre et une gouttelette d’arôme d’amande porté à ébullition) et badigeonnez en la tarte au pinceau à la sortie du four.

Visiter Son Blog http://tronchedecake.blogspot.com/

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