Mantecaos (montecaos) ou les sablés les plus sablés qui soient

Il y a un peu plus de 7 ans, une collègue, professeur d’espagnol, me faisait goûter des biscuits qu’elle avait rapportés d’Espagne : des mantecaos (ou montecaos selon certains). Merveilleux, ces biscuits. Friables, s’effritant sous les doigts, difficilement manipulables, en fait.
Je n’ai plus pensé aux mantecaos pendant quelques années. Et puis un jour, dans une échoppe du sud de la France, vous savez, celles qui vendent des biscuits, des “navettes”, … je suis tombée sur les fameux mantecaos. Ni une ni deux, j’en achète quelques-uns. Du béton armé. Ou du pain de guerre, comme vous voulez. Enfin le truc qui, même trempé dans un bon chocolat chaud, mettra trois bonnes heures avant de daigner faire semblant de commencer à ramollir… Un an plus tard, même topo. Une autre boutique, les biscuits avaient un aspect plus engageant. Rebelote. De la biscotte. Je vous ai déjà dit que je n’aimais pas les biscottis ? Ils m’écorchent le palais.
Alors une seule solution : en faire moi-même. Quelques recherches sur internet et j’apprenais que “Les montecaos ou mantecaos sont des biscuits sablés parfumés à la cannelle et/ou au zeste de citron. Cette pâtisserie vient du mot espagnol manteca, qui signifie graisse. Ils devaient être faits à l’origine avec de la graisse de porc (saindoux). On peut les faire avec de l’huile.”
J’ai lu quelque part que les mantecaos devaient être “aussi fragiles qu’un château de sable au bord de la mer”. Tentant, n’est-ce pas ? J’ai trouvé une recette qui m’avait l’air facile et authentique : 200g de farine, 100g de sucre, 100g d’huile. Peut-on faire plus simple ? Obligée d’essayer.
J’ai décidé de faire mes mantecaos à moi : point de cannelle ni de citron, mais beauuuucoup de vanille. Tadaaaaam :
Mantecaos :
(pour environ 16 pièces)
200g de farine
100g de sucre
100g d’huile (de pépins de raisin, ou de tournesol)
1 sachet de vanille en poudre
Tout mélanger. Faire des boules de pâte. Les déposer sur une plaque recouverte de papier cuisson. Faire cuire à 180°C pendant 10 minutes. Laisser complètement refroidir avant de les déplacer trèèès délicatement.
Attention : les mantecaos doivent rester couleur crème, ils ne doivent surtout pas dorer, au risque de durcir irrévocablement. Ils sont pâles, c’est normal, c’est un gage de réussite.
Verdict : meeerveilleux. Friables. Sablés comme on en rêve. Ils s’effritent quand on les touche. Et ce parfum de vanille…
Ces biscuits s’effondrent littéralement dans la bouche, c’est terrible. J’imagine que cette fabuleuse texture sablée (qui me rappelle les Kipferl mais en encore plus sablés) est dûe au fait que cette recette ne contient pas d’eau. Du tout. Pas d’oeuf, pas de beurre, pas de lait, pas d’eau. Juste de l’huile, donc le sucre ne fond pas. D’où le “sable”
Avantage considérable : les mantecaos conviennent aux personnes allergiques aux oeufs et/ou aux produits laitiers. Et, à condition de respecter scrupuleusement le temps de cuisson, ils sont inratables. Vous pouvez même en préparer avec vos enfants : la pâte ressemble à de la pâte à modeler (en un peu plus mou).
Un petit aveu : c’est la deuxième fois que j’en fais en trois jours

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